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Dans le pré qui vers l’eau dévale,
Un lapin sauvage détale.
Un saut bref, un rapide élan,
Et montrant son panache blanc,
 Il fuit vers la forêt prochaine.
Une touffe de marjolaine
L’arrête un peu. Faisant le guet,
Il entr’ouvre un œil inquiet,
Et, seule, son oreille bouge
Un bond brusque dans le foin rouge.
Et, n’entendant plus aucun bruit,
Le nez au vent, humant la nuit
Où déjà la lune se lève,
Assis sur son derrière, il rêve.
(Jeanne Marvig)